IA et création textile : outil créatif ou remplacement du designer ?

IA et création textile – maquettes et designs KMJ

L’intelligence artificielle est désormais capable de générer en quelques secondes des images qui auraient demandé autrefois plusieurs heures de travail.

Mode, photographie, graphisme, musique : presque tous les domaines créatifs sont concernés.

Forcément, une question revient régulièrement : si une intelligence artificielle peut créer une image, avons-nous encore besoin de créateurs ?

Chez KMJ, cette question nous concerne directement.

Nous utilisons aujourd’hui l’IA dans certaines étapes de notre réflexion créative. Nous préférons donc en parler ouvertement plutôt que faire comme si cet outil n’existait pas.

Mais utiliser l’IA dans la création textile ne signifie pas lui confier la création d’une marque.

Et cette différence est essentielle.

L’IA et la création textile : un nouvel outil

Chaque époque apporte de nouveaux outils aux créateurs.

Le dessin est passé du papier aux logiciels graphiques. La photographie argentique a été rejointe par le numérique. Les réseaux sociaux ont profondément changé la manière dont les marques présentent leurs créations.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle ajoute une nouvelle possibilité.

Elle permet notamment d’explorer rapidement une idée, de tester différentes directions, de visualiser une ambiance ou encore de confronter plusieurs interprétations d’un même concept.

Pour une marque indépendante comme KMJ, avec des moyens forcément différents de ceux d’une grande maison disposant d’équipes créatives importantes, cette capacité est particulièrement intéressante.

Une idée qui existait seulement dans notre tête peut rapidement devenir quelque chose de visible.

Mais ce n’est que le début.

Générer une belle image ne suffit pas

C’est probablement l’une des principales limites de l’intelligence artificielle lorsqu’on parle de vêtements.

Une belle image n’est pas nécessairement un bon design textile.

Un visuel peut être spectaculaire sur un écran et ne pas fonctionner une fois imprimé sur un tee-shirt ou un sweat.

Les proportions peuvent être mauvaises.

Certains détails peuvent être trop fins.

Le placement peut déséquilibrer le vêtement.

Les couleurs peuvent réagir différemment selon le textile ou la technique d’impression.

Et surtout, le résultat peut être visuellement réussi tout en n’ayant absolument rien à voir avec l’identité de la marque.

C’est à cet endroit que commence réellement le travail.

Une idée peut venir de partout

Chez KMJ, nous ne voulons pas d’un processus créatif complètement fermé.

Une idée peut venir d’une discussion.

D’une expérience.

D’une musique.

D’une image.

De nos enfants.

D’une personne avec laquelle nous travaillons.

Ou simplement d’un détail aperçu quelque part et qui déclenche autre chose.

L’intelligence artificielle peut ensuite nous aider à donner une première forme à certaines de ces idées.

Nous pouvons tester.

Modifier.

Recommencer.

Éliminer.

Combiner certaines pistes.

Mais à chaque étape, quelqu’un doit décider.

Et cette décision n’appartient pas à la machine.

L’IA propose, l’humain choisit

C’est probablement la manière la plus simple de résumer notre approche de l’IA et de la création textile.

L’IA peut proposer.

L’humain choisit.

Elle ne connaît pas réellement l’histoire de KMJ.

Elle ne possède pas nos souvenirs.

Elle ne sait pas pourquoi certains symboles ont plus d’importance que d’autres.

Elle ne ressent pas pourquoi une création nous semble juste alors qu’une autre, pourtant très belle, ne nous ressemble absolument pas.

Prenons les six traits de KMJ.

Une intelligence artificielle peut produire des centaines de compositions contenant six éléments.

Mais elle ne peut pas décider seule pourquoi ils doivent être six.

Cette signification existait avant l’image.

Les quatre enfants et les deux parents, l’histoire familiale derrière la marque et l’idée de Rise Together donnent au symbole son sens.

L’outil peut travailler autour de cette intention.

Il ne l’a pas créée.

Du visuel généré au véritable vêtement

Entre une image obtenue avec une intelligence artificielle et un vêtement réellement proposé par KMJ, plusieurs décisions restent nécessaires.

Il faut regarder la composition.

Simplifier certains éléments.

En supprimer d’autres.

Réfléchir au placement.

Imaginer le résultat à taille réelle.

Choisir la technique adaptée.

Vérifier si le visuel reste cohérent avec les autres créations.

Parfois, il faut également demander un regard extérieur ou travailler avec quelqu’un possédant des compétences que nous n’avons pas.

C’est justement pour cette raison que nous continuons à échanger avec des designers, des professionnels du textile, des photographes, des vidéastes et différentes personnes capables d’apporter leur regard à KMJ.

Utiliser l’IA ne signifie pas vouloir supprimer l’humain de la chaîne créative.

Dans notre cas, c’est même l’inverse.

L’objectif est de permettre à davantage d’idées d’exister avant de sélectionner celles qui méritent réellement d’aller plus loin.

Alors, l’IA remplace-t-elle le designer ?

Pour nous, non.

Mais elle peut certainement transformer sa manière de travailler.

Un designer possède quelque chose qu’une génération automatique d’images ne remplace pas facilement : sa compréhension d’un projet, sa culture graphique, son expérience, son regard critique et sa capacité à prendre des décisions cohérentes.

Il peut également identifier ce qui ne fonctionne pas.

Et parfois, savoir pourquoi une idée doit être abandonnée est aussi important que savoir en créer une nouvelle.

L’intelligence artificielle peut accélérer certaines recherches.

Elle peut ouvrir des directions inattendues.

Elle peut devenir une sorte de terrain d’expérimentation extrêmement rapide.

Mais elle reste un outil au service d’une intention.

Le vrai risque : créer sans identité

Notre principale inquiétude autour de l’intelligence artificielle n’est donc pas forcément qu’elle remplace tous les créateurs.

Le risque est ailleurs.

Lorsque tout le monde possède des outils capables de générer rapidement des centaines d’images impressionnantes, il devient extrêmement facile de produire beaucoup.

Mais produire beaucoup ne signifie pas construire une identité.

Au contraire.

Une marque peut rapidement accumuler des designs totalement différents simplement parce qu’ils sont beaux individuellement.

Un jour du graffiti.

Le lendemain une illustration japonaise.

Puis quelque chose de minimaliste.

Ensuite une création futuriste.

Chaque visuel peut fonctionner séparément.

Pourtant, lorsqu’on les rassemble, plus rien ne raconte la même histoire.

C’est précisément ce que KMJ veut éviter.

Utiliser l’IA sans perdre l’identité de KMJ

La question que nous devons donc nous poser devant chaque nouvelle proposition n’est pas seulement :

« Est-ce que c’est beau ? »

Mais plutôt :

« Est-ce que c’est KMJ ? »

Cette deuxième question est beaucoup plus difficile.

C’est aussi pour cette raison que nous travaillons actuellement davantage sur nos codes visuels.

Les six traits en font partie.

La couronne également.

Notre manière d’exprimer la famille, l’ambition, le collectif et Rise Together doit progressivement devenir identifiable.

Ainsi, même lorsque les créations changent, quelque chose doit continuer à les relier.

L’intelligence artificielle peut nous aider à explorer différentes façons d’exprimer ces codes.

Mais elle ne doit jamais devenir une excuse pour les oublier.

Une création hybride plutôt qu’une opposition

Finalement, nous ne pensons pas que l’avenir de la création se résume à choisir entre l’humain et la machine.

Nous préférons parler de complémentarité.

Une idée humaine.

Des outils numériques.

Parfois de l’intelligence artificielle.

Un regard artistique.

Des compétences graphiques.

Une réalité textile.

Des contraintes de production.

Puis, au bout de cette chaîne, un vêtement.

Chaque étape apporte quelque chose.

Et c’est leur combinaison qui nous intéresse.

Être transparent fait aussi partie de notre démarche

Nous savons également que l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les métiers créatifs peut provoquer des débats.

Certains y voient une formidable évolution.

D’autres une menace.

Ces interrogations sont légitimes.

Nous n’avons pas la prétention d’avoir une réponse définitive à toutes ces questions.

Nous pouvons simplement expliquer notre manière de travailler.

Chez KMJ, l’IA est un outil d’exploration créative.

Elle nous permet de visualiser certaines idées et d’expérimenter plus rapidement.

Mais elle ne décide ni de l’histoire de la marque, ni de nos valeurs, ni des créations que nous voulons finalement défendre.

Ces décisions restent humaines.

Conclusion : l’outil change, l’intention reste

L’IA et la création textile vont probablement continuer à évoluer ensemble.

Les outils deviendront plus performants.

Les possibilités seront encore plus nombreuses.

Notre responsabilité sera donc moins de lutter contre chaque nouvel outil que de savoir pourquoi nous l’utilisons.

Chez KMJ, nous voulons nous servir de la technologie lorsqu’elle peut nous aider à créer, sans lui abandonner ce qui donne du sens à nos créations.

Parce qu’au bout du compte, une image peut être générée en quelques secondes.

Une identité, elle, se construit dans le temps.

Et derrière chaque création KMJ devra toujours rester la même question :

qu’est-ce que nous voulons raconter ?

Rise Together.

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